21 juin 2006
Je sais, je sais (partie 4 :27 septembre 2004)
Je sais déjà ce que tu vas dire, il exagère tant de
temps sans donner de nouvelles, attends deux minutes
que je t'expliques et tu me comprendras alors, ho oui,
tu me comprendras.
Alors voila, je suis en chine, et en chine, la plus
belle démocratie du monde... l'accès a internet n'est
pas toujours facile, il me faut parfois une heure
entière pour seulement lire un mail, alors les écrire
c'est déjà une autre paire de manche surtout dans les
endroits un peu reculés, voila pourquoi je n'ai pas donne de nouvelles dans les derniers jours, poil au
four.
Ça y est une fois expliquées les raisons de mon pesant
silence, je peux maintenant passer a ce que tu
attends, un compte rendu léger et plein d'entrain de
mes dernières expériences chinoises, c'est bon, tu es
prêt? bien installé dans ton fauteuil face a ton
écran? alors c'est parti, prend moi la main, je
t'emmène faire un tour...
Je suis dans la province du yunan, où j'ai parcouru
quelques milliers de kilomètres, par monts et par
vaux, surtout par vaux d'ailleurs, avec quelques monts
pour saupoudrer le tout. J'ai commencé par li jiang, une charmante ville
chinoise, superbement préservée, ce qui change quand
même pas mal des autres villes , où l'on rase
a tout va les vieux quartiers, même à pékin ils
disparaissent comme peau de chagrin { et ça m'en
cause}, bref, belle ville chinoise signifie forcement
invasion de touristes chinois: ils arrivent le matin
vers 8 heures, et envahissent la ville comme des
mouches sur un quartier de viande fraîche, c'est bien
simple on croirait le mont saint Michel aux heures de pointes, mais, et oui, mon lecteur mon ami, mon poto,
maintenant tu es habitué a mes procédés, il ya un
mais, en s'éloignant un peu du centre, la vraie vie
reprend ses droits; la ville est certes moins propre,
mais au moins là, les gens vivent; dans les ruelles
sans circulation automobile
{ et ça c'est un luxe, oh
oui, c'en est un}, les enfants et les vieilles femmes
naxi ( recherche google:naxi yunan, a toi de bosser un
peu} vaguent a leurs occupations
, qui la lessive dans
la rivière traversant la ville, qui la sieste sur le
pas de sa porte.
Je me suis promené des heures dans ces ruelles,
bordées de maisons en pierre et torchis, aux toits si
fameux, plein d'ornementations et délicieusement
pointus, des arbres poussant ça et là souvent en
bordure de la rivière, sur les ponts minuscules
.
Mais un matin j'ai voulu voir la ville d'une manière
différente, alors j'ai attendu que la lune finisse
juste de chanter sa mélodie
et j'ai sorti doucement
mon nez par la porte avant d'enjamber le seuil et de
partir dans le petit matin bleuté de froid. Juste entre loup et chien
, j'ai promené ma carcasse au
gré de mes envies, tous les gens partaient au travail,
des cuistots de rue s'étaient installé un peu
partout
, proposant des petits dej à la mode chinoise,
pâtés impériaux, raviolis, saucisses enroulées dans des
sortes de crêpes pimentés, les enfants couraient pour
rejoindre leur école, petit foulard rouge autour du
cou, le marchand de charbon, solidement planté sur son
tricycle, faisait sa tournée, arrachant à chaque coup
de pédale sa noire cargaison { et oui, quel style! ;)
)
.
Mais enfin, je sais ce que tu te dis, ville, ville,
ville, et le reste? comme tu es impatient, comme tu
réclames tout tout de suite, il faut prendre le temps
voyons, rester zen, j'y arrive au reste, regarde le
temps que tu me fais perdre avec tes interruptions...
Il était temps pour moi d'émigrer, de changer d'air, la
nature, les grands espaces mongols et le
vent frais de la steppe me manquaient. Alors je suis parti dans les gorges du tigre
bondissant, tout un programme, et pour des gorges,
j'avoue que j'ai été servi, plus de trois milles
mètres du sommet de la montagne jusqu'à la rivière en
contrebas, presque a pic, je n'ai pas pris de photos,
je te laisse imaginer ce que ça fait
.
Trois
petits jours de marches pour aller d'un bout a
l'autre, en longeant le versant le moins abrupt, à
travers sentes, chemins et cascades bondissantes, au
milieu des plants de cannabis géants. Le soleil avait
décidé de me suivre sur ce coup là, mais le dernier
jour il a eu un petit coup de calgon et il m'a balancé
quelques orages sur la tête ( rassures toi, je ne lui
en ai pas voulu et on est reste potes), ce qui m'a
valu un joli gadin qui m'a bien abîmé le genou et mon
pantalon, mais j'ai réparé les deux avec pansement et
fil de couture, dans cet ordre.
Ensuite je suis parti dans une autre petite ville
bordant un lac, la charmante ville de Dali ( yé suis
fou des chocolats lanvins!!!), et là encore ballade a
travers champs en plein dans la période où ils font la
récolte du riz
, je ne m'y habituerais jamais, ça me
fait toujours le même effet, je reste a regarder sans
me lasser les différentes étapes de la récolte, du
fauchage à la mise en botte
, du battage au tamisage,
moi je sais pas, mais j'adore.
J'ai aussi fait du vélo a travers les villages,
rencontré plein de gens: des chinois, des étrangers,
des jeunes, des vieux, des tas de choses encore, mais
là je dois te le dire, je commence a fatiguer, il est
22.19, je pars demain pour un voyage en train de 21
heures vers le sud est du pays, alors il faut que je
m'économise après les 7 heures d'hier en troisième
classe.
je t'embrasse fort et espère avoir vite de tes
nouvelles...
Commentaires
Tu fais très bien Nicolas Hulot.....
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=139805&pid=2141024
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :





