12 janvier 2009
Fourchette
OK,
OK, après les derniers mails que je t’ai envoyé, j’ai reçu une
avalanche de courrier de ta part (ça y est le tutoiement est de
retour). Et je m'aperçois
qu’il n’est pas facile de
satisfaire ta multitude, mais je sais que je suis quelque peu
responsable de tes attentes désormais et comme je ne pourrais jamais
te contenter entièrement, je vais reprendre mes veilles habitudes
tergiversationnelles et me perdre de nouveau dans les délices de mes
récits alambiqués...
Quelques
soupirs de soulagement à droite, une déception discrète sur la
gauche et une indifférence polie au milieu ( je sais que tu te
reconnaitras).
Mais une question reste en suspend… où en
étais-je?
Quelle est la dernière chose dont je t’ai parlé?
Ah
oui, ça me revient! j'étais en route pour la frontière indienne et
depuis une question te taraude, provoque en toi insomnie et maints
cauchemars, et la voici exposée à tes yeux hagards:
“mais a t
il retrouvé sa carte bleue?”
Un peu de patience mon ami, et lis
donc ces quelques lignes :
Une fois mon oubli constaté, je me
suis dépéchépresséderepartirensensinverse.
BING, BONG,
BRRRRRRR, cahots et roulements, et moi face à une douzaine de
népalais dans ce mini van, assis sur leurs sacs et bringuebalé de
part et d’autres, mais je suis la voie du bouddha, et je reste
zen.
Enfin, j’essaie, car à une vingtaine de kilomètres de
Katmandu, après cette journée longue comme un Dimanche de pluie, un
ralentissement retentit, c’est LE chek-point,
celui
qui contrôle l’entrée dans la vallée de Katmandu, et là, il
faut s’armer de tout son zen, de toute sa patience et essayer
d’oublier ces minutes et ces heures qui passent.
Heureusement il
y a les étoiles qui restent imperturbables et qui m’aident à
m'échapper à tout ce rodéo, où chaque avancée de quelques mètres
donne lieu à des concerts de klaxons et de vrombissements de
moteurs.
Mais finalement ça y est, le mini van parcourt les rues
de katmandu . Il est 22 h, je suis parti a 6h ce matin pour
finalement arriver au même endroit….
Ooooommmmmmm
Et mon
taxi file , file jusqu'à un hôtel 4 étoiles, le chauffeur se
retourne
“Here
we are, in durbar square!” me lâche t il dans un
sourire.
Ooooooommmmmm
“Non, non, ce n’est pas durbar
square, c’est pas grave, je vais vous indiquer” et me voila parti
en direction de freak street.
Ouf, ça y est j’y suis enfin, il
est 22h30, je me précipite vers ma chambre, je soulève le
matelas:
rien,
le
propriétaire me rejoint, enlève les draps et
les couvertures:
rien…
nous
retirons la moquette, et là….
RIEN.
Ooooooooommmmmmm
Bon,
comme la chambre a été nettoyée, la femme de ménage l’a peut
être récupérée, il me faudra attendre le lendemain.
Je
redescend raconter l’histoire à mes amis restés là, puis remonte
me plonger dans mon duvet, j’ouvre mon livre, et je retire la carte
bleue
qui me servait de marque page.
Oooooooommmmmmmmm
Bien,
bien, bien, hummmm!!!!
Il
faut dormir a présent.
Lendemain matin, intérieur jour, chambre
d'hôtel basse de plafond, un sac a dos est ouvert sur le sol et tout
son contenu éparpillé alentour.
Une silhouette dans le lit
double ouvre son sac de couchage.
Le
jeune homme semble tout ébouriffé , mais commence a chanter “ ce
soir ce soir c’est noël, les étoiles brillent dans le ciel, ce
soir ce soir c’est
noël , la nuit a un gout de miel!!”
Son
rendez vous indien n’est plus d'actualité, il n’a plus assez de
temps, il passera donc noël a katmandu.
Le jeune homme se lève,
récupère ses affaires de toilettes et se dirige vers la salle de
bain, aux hurlements que l’on entend à travers la porte on
devine
que l’eau est glacée, mais quelques secondes plus tard les
hurlements sont remplacés par une étrange
litanie:
“ooooooommmmmmm”
Extérieur nuit, ruelle de
katmandou, quartier du marché, magasins éclairés de lampions et
ambiance de foule.
Deux jeunes occidentaux, dont celui du matin,
dominent la foule, passent de magasins en magasins, achetant du
poulet ici, des fruits là et des légumes dans une autre échoppe.
On
voit à leurs visages qu’ils sont heureux, et que malgré les
kilomètres, l’ambiance de noël est bien présente.
Extérieur
nuit, courette de l'hôtel entourée de vieux bâtiments en bois, un
feu au centre, des chaises de troquets parisiens disposées autour de
l'âtre. Une
table en fer forgée est juste à coté, et les
victuailles achetées l'après midi y sont disposées avec un
assortiment de couteaux, d’assiettes et de verres.
Les deux
occidentaux de l'après midi et leur amie qui s’est jointe à eux
s’affairent aux préparatifs.
La famille de l'hôtel est la
aussi, ainsi que trois autres touristes. Le propriétaire a ouvert
une bouteille d'alcool local à base de millet et les
occidentaux
une bouteille de vin, la fête commence au milieu des chants et des
tournées de brochette et d’alcool.
C’est
Noël.
Bon, fin de ce mode de narration et retour au bonnes
vieilles habitudes.
La soirée s’est terminée tard, dans
l’immense chambre de carotte et de Fabien où nous avons éclusé
bières et chansons de Brassens, et échangés des petits cadeaux
(merci, merci, merci!!).
C’est Noël a katmandu. Et je me sens
bien.
et la suite c'est un peu plus tard
ivan
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