12 janvier 2009
Fourchette
OK,
OK, après les derniers mails que je t’ai envoyé, j’ai reçu une
avalanche de courrier de ta part (ça y est le tutoiement est de
retour). Et je m'aperçois
qu’il n’est pas facile de
satisfaire ta multitude, mais je sais que je suis quelque peu
responsable de tes attentes désormais et comme je ne pourrais jamais
te contenter entièrement, je vais reprendre mes veilles habitudes
tergiversationnelles et me perdre de nouveau dans les délices de mes
récits alambiqués...
Quelques
soupirs de soulagement à droite, une déception discrète sur la
gauche et une indifférence polie au milieu ( je sais que tu te
reconnaitras).
Mais une question reste en suspend… où en
étais-je?
Quelle est la dernière chose dont je t’ai parlé?
Ah
oui, ça me revient! j'étais en route pour la frontière indienne et
depuis une question te taraude, provoque en toi insomnie et maints
cauchemars, et la voici exposée à tes yeux hagards:
“mais a t
il retrouvé sa carte bleue?”
Un peu de patience mon ami, et lis
donc ces quelques lignes :
Une fois mon oubli constaté, je me
suis dépéchépresséderepartirensensinverse.
BING, BONG,
BRRRRRRR, cahots et roulements, et moi face à une douzaine de
népalais dans ce mini van, assis sur leurs sacs et bringuebalé de
part et d’autres, mais je suis la voie du bouddha, et je reste
zen.
Enfin, j’essaie, car à une vingtaine de kilomètres de
Katmandu, après cette journée longue comme un Dimanche de pluie, un
ralentissement retentit, c’est LE chek-point,
celui
qui contrôle l’entrée dans la vallée de Katmandu, et là, il
faut s’armer de tout son zen, de toute sa patience et essayer
d’oublier ces minutes et ces heures qui passent.
Heureusement il
y a les étoiles qui restent imperturbables et qui m’aident à
m'échapper à tout ce rodéo, où chaque avancée de quelques mètres
donne lieu à des concerts de klaxons et de vrombissements de
moteurs.
Mais finalement ça y est, le mini van parcourt les rues
de katmandu . Il est 22 h, je suis parti a 6h ce matin pour
finalement arriver au même endroit….
Ooooommmmmmm
Et mon
taxi file , file jusqu'à un hôtel 4 étoiles, le chauffeur se
retourne
“Here
we are, in durbar square!” me lâche t il dans un
sourire.
Ooooooommmmmm
“Non, non, ce n’est pas durbar
square, c’est pas grave, je vais vous indiquer” et me voila parti
en direction de freak street.
Ouf, ça y est j’y suis enfin, il
est 22h30, je me précipite vers ma chambre, je soulève le
matelas:
rien,
le
propriétaire me rejoint, enlève les draps et
les couvertures:
rien…
nous
retirons la moquette, et là….
RIEN.
Ooooooooommmmmmm
Bon,
comme la chambre a été nettoyée, la femme de ménage l’a peut
être récupérée, il me faudra attendre le lendemain.
Je
redescend raconter l’histoire à mes amis restés là, puis remonte
me plonger dans mon duvet, j’ouvre mon livre, et je retire la carte
bleue
qui me servait de marque page.
Oooooooommmmmmmmm
Bien,
bien, bien, hummmm!!!!
Il
faut dormir a présent.
Lendemain matin, intérieur jour, chambre
d'hôtel basse de plafond, un sac a dos est ouvert sur le sol et tout
son contenu éparpillé alentour.
Une silhouette dans le lit
double ouvre son sac de couchage.
Le
jeune homme semble tout ébouriffé , mais commence a chanter “ ce
soir ce soir c’est noël, les étoiles brillent dans le ciel, ce
soir ce soir c’est
noël , la nuit a un gout de miel!!”
Son
rendez vous indien n’est plus d'actualité, il n’a plus assez de
temps, il passera donc noël a katmandu.
Le jeune homme se lève,
récupère ses affaires de toilettes et se dirige vers la salle de
bain, aux hurlements que l’on entend à travers la porte on
devine
que l’eau est glacée, mais quelques secondes plus tard les
hurlements sont remplacés par une étrange
litanie:
“ooooooommmmmmm”
Extérieur nuit, ruelle de
katmandou, quartier du marché, magasins éclairés de lampions et
ambiance de foule.
Deux jeunes occidentaux, dont celui du matin,
dominent la foule, passent de magasins en magasins, achetant du
poulet ici, des fruits là et des légumes dans une autre échoppe.
On
voit à leurs visages qu’ils sont heureux, et que malgré les
kilomètres, l’ambiance de noël est bien présente.
Extérieur
nuit, courette de l'hôtel entourée de vieux bâtiments en bois, un
feu au centre, des chaises de troquets parisiens disposées autour de
l'âtre. Une
table en fer forgée est juste à coté, et les
victuailles achetées l'après midi y sont disposées avec un
assortiment de couteaux, d’assiettes et de verres.
Les deux
occidentaux de l'après midi et leur amie qui s’est jointe à eux
s’affairent aux préparatifs.
La famille de l'hôtel est la
aussi, ainsi que trois autres touristes. Le propriétaire a ouvert
une bouteille d'alcool local à base de millet et les
occidentaux
une bouteille de vin, la fête commence au milieu des chants et des
tournées de brochette et d’alcool.
C’est
Noël.
Bon, fin de ce mode de narration et retour au bonnes
vieilles habitudes.
La soirée s’est terminée tard, dans
l’immense chambre de carotte et de Fabien où nous avons éclusé
bières et chansons de Brassens, et échangés des petits cadeaux
(merci, merci, merci!!).
C’est Noël a katmandu. Et je me sens
bien.
et la suite c'est un peu plus tard
ivan
14 décembre 2008
Toujours
Le
Népal pour moi, c'est comme un film en accéléré, avec toutes les
images qui défilent dans ma tête, tu sais c'est comme lorsqu'on se
réveille au sortir d'un rêve et ou celui ci est encore net et
précis, plein de couleurs et de fantasmagories, mais ou tu sais
aussi que ces images, dans peu de temps, vont perdre de leur clarté
dans les miettes du petit déjeuner.
Le Népal pour moi, c'est
comme un tableau surréaliste, non,... impressionniste plutôt, des
petites taches de couleurs posées ici et là, avec douceur ou avec
violence, et dont on est obligé de s'éloigner pour en saisir toutes
les nuances.
Les nuances dans les senteurs tout d'abord, celle du
riz lors des moissons, celle de l'encens qui se mêle à celle des
ghats de crémation, le long de la rivière
sacrée.
C'est là,
à Pashupatinath, que les familles en deuil se retrouvent,
espérant toutes, en venant en ce lieu saint, interrompre le cycle
des incarnations de leur mari de leur frère, de leur mari ou de leur
enfant.
En faisant bruler ces corps et en mêlant les cendres au
cours d'eau, l'âme du défunt parviendra peut être à la
délivrance.
Tout autour de la rivière, les temples dédiés à
shiva et à vishnu se succèdent, on peut y voir le peuple singe,
dans un état d'excitation perpétuel, dévorer les offrandes des
fidèles.
Les nuances dans les couleurs, celles que portent les
sadhus, jaune, orange, rouge, leurs longs cheveux emmêlés dans des
dreads informes, celles des drapeaux de prière qui entourent
l'immense stuppa de Budnat comme un écrin et qui, dans les rayons du
soleil,
semblent danser une folle farandole, se découpant dans la
lumière pour mieux rehausser l'éclatante blancheur du monument
bouddhiste.
Les nuances dans les musiques, celles des moines
tibétains, engoncés dans leur tuniques rouges et le crâne rasé,
aux sonorités envoutantes, celles des fanfares funky qui précédent
tout mariage qui se respecte dans les rues de katmandu, et celles des
rickshaws, des klaxons et des marchands ambulants.
Et au milieu de
tout ça, au milieu de toutes ces nuances, il y a les dieux, les
dieux multiformes et labyrinthiques du panthéon hindouiste.
Je me
rappelle encore de cet homme d'affaire en costume, l'attaché-case à
la main et les lunettes sévères, portant ses offrandes au temple,
puis repartant, quelques minutes après, des fleurs dans les cheveux
et des grains de riz collés sur le front, je vois aussi ces draps
mis a sécher sur un stuppa ou sur la statue de garuda, l'homme
oiseau, ou encore de
ces gamines qui avaient passé leur élastique
autour de la statue de la monture de vishnu et qui s'entrainaient à
faire des figures de plus en plus en plus complexes, comme ici en
inde, comme là bas chez toi où que tu sois...
Et puis,
Et
puis il y a Baktapur et Padan, les cousines de Katmandu. aussi
vieilles mais plus calmes, dans les ruelles desquelles j'ai adoré me
promener au vent, sentant les pavés sous mes semelles. Toutes ces
nuances d'ocre, tous ces temples aux etais érotiquement sculptés ou
des éléphants font l'amour dans la position du missionnaire.
Cette
place, recouverte de poteries mises a sécher au soleil, ces parties
de criquet avec les enfants des ruelles, et les yeux des passants et
des passantes, d'un marron parfois si lumineux qu'il semble briller
comme un soleil.
Mais parfois tu le sais mon ami, il faut remettre
son sac sur le dos et abandonner ses amis pour en retrouver d'autres,
sur les rives d'un autre fleuve sacré, à Varanasi. le
Gange...
Alors je suis parti aux aurores installer mon fessier et
mes longues jambes dans un bus local, direction la frontière. Une
heure puis deux passèrent à descendre et à monter en longeant les
précipices, puis le bus s'arrêtât.
S'immobilisa derrière une
longue file de véhicules tandis qu'une fumée s'envolait vers le
ciel au loin.
Je suis donc descendu du bus
"qu'est
ce qui se passe?" demanda ivan
" ce sont les maoïstes"
lui répondit un indien "malgré l'arrêt des grèves, ils ont
quand même décidé de montrer qu'ils étaient toujours là, et ils
ont fait brûler deux bus touristiques pour bloquer la route, et
'armée qui n'est qu'à quelques kilomètres ne se
déplace même
pas »
Après
une heure d'attente , en un brusque mouvement, tout le monde se
précipite dans les bus, la route est débloquée.
La route est de
pire en pire, poussière et caillasses, mais après deux heures comme
ça, on se retrouve de nouveau sur le macadam, et là,
à ce
moment là,
après 7 heures de route,
je m'aperçois que j'ai
oublié ma carte bleue à Katmandu...
suite au prochain
épisode,
dites moi un peu ce qu'il va se passer, que
vais je
faire, comment vais je réagir???
11 décembre 2008
Enfin...
Hum,
hum, mes doigts fatigués reprennent la route du clavier pour
poursuivre leurs pérégrinations intempestives...
Bon, il est
temps pour moi de me reposer un peu, et Pokharra va être le lieu de
mon repos, j'y attends mon amie, marie laure, dite kupu kupu, dite
mafalda, bon,
elle est un peu en retard mais ça me permet de
glander délicieusement dans le jardin ensoleillé de ma guesthouse,
entouré de fleurs et de papillons,
finalement la kupu arrive de
trek et on passe quelques jours bien agréable à rire comme des
baleines et à discuter en français, ça fait du bien de laisser shaekspeare
pour molière.
Mais hélas dans ce petit lieu de quiétude, plein
de soleil, de lacs, et de montagnes j'ai le malheur d'ouvrir mes
mails un triste jour pluvieux pour apprendre la mort de mon ami
Bertrand Boulard, le loulou est parti, il a sauté du train et nous
nous continuons notre route, j'ai pas mal cogité pendant tous ces
jours, repensé aux vacances passées ensemble,
aux discussions,
aux soirées, à ses grands ça va tiiii????,
et
voila qu'il n'est plus là,,,,
Alors, alors j'ai pris un drapeau
de prière bouddhiste de toutes les couleurs,
mon sac,
ma boussole,
une carte,
et je suis parti dans la montagne avec mon bâton de voyageur,
seul.
J'ai
marché à travers les sentiers,
parcouru des villages accrochés à flancs de montagne,
bu du raxi et rigolé avec les gens que je pouvais croiser,
j'ai fait travailler mes jambes l'une après l'autre dans un effort concerté,
vu les paysans travailler la terre dans les champs en terrasse,
vu
le soleil se coucher et se lever et tout illuminer d'une saveur
orangée,
pourpre et violette,
j'ai
vu le ciel le plus bleu du monde se découper sur la blancheur des
cimes
himalayennes,
j'ai vu des singes a tète bleue virevolter dans les arbres,
senti l'odeur des cuisines dans les maisons en terre ocre,
vu les femmes en sari de toutes les couleurs travailler dans les champs,
la faucille a la main,
j'ai vu toutes ces terrasses dévaler les pentes comme un escalier asymétrique, un peu dingue, mais d'une beauté renversante,
j'ai senti l'atmosphère devenir plus tenue au fur et a mesure que je grimpais vers les sommets,
j'ai senti aussi le froid mordant sur mes orteils dès que le soleil disparaissait derrière les montagnes,
et
finalement,
j'y suis arrivé,
en
plein coeur du sanctuaire des annapurnas, au camp de base de
l'annapurna
de la neige partout, et le ciel en pleine journée
d'un bleu si électrique qu'il t'oblige presque à baisser les yeux,
juste
en face de moi le vent sur la crête fait naître des tourbillons de
neige, comme si les
esprits de la montagne s'amusaient dans de
folles farandoles.
Alors, alors j'ai posé mon sac,
ma boussole,
ma
carte
et mon bâton de voyageur,
et je n'ai gardé que les drapeaux multicolores,
et je suis allé les installer sur un promontoire rocheux,
juste au pied des montagnes,
de ces sommets qui culminent a plus de 8000 mètres,
je l'ai déployé, comme on hisse les voiles d'un bateau elfique,
et à chaque drapeau j'ai donné le nom d'un ou d'une de ses amis et de sa famille,
et tout ça a commencé à claquer au vent,
emportant nos voeux vers un ailleurs qui n'existe pas,
mais j'ai fait ça pour lui,
pour moi,
pour toi,
pour nous ,
pour
que notre train continue a glisser sur les rails de la vie...
voila
ce que j'ai fait.
après
je
suis redescendu
de la montagne
les yeux grands
ouverts
heureux
de ces paysages
de ces gens
de ces
couleurs
de ces senteurs
de toute cette vie
et toi dis
moi
comment te sens tu?
mon ami,
mon lecteur?
mon
poto...
bises a toi,
26 novembre 2006
Ensuite
Ca y est je suis de retour, je fini mon histoire ou
tout du moins j'essaie de la continuer, me voilà donc
dans main bazaar, un sac sur le dos et un autre sur le
ventre, glissant tel un danseur étoile entre les
obstacles, les yeux derrière la tete pour voir venir
le cyclo pousse, les oreilles aux aguets pour entendre
les pétarades d'un vespa, les pieds assurés pour ne
pas déraper sur une bouse (de vache sacrée je te
l'accorde mais une bouse quand même), bref tout mon
corps tendu vers un seul objectif: parvenir avec armes
et bagages jusqu'a mon train et mon compartiment.
Mais d'abord je dois traverser ce boulevard, la nuit
est tombée, et la circulation est restée la même, elle
ferait passer la place de l'étoile aux heures de
pointe pour une promenade bucolique sur les bords de
seine, bref je prends mon élan, calcule la trajectoire
idéale, m'arrête sur le trottoir pour proceder à de
savants calculs mécaniques, procède aux ultimes
vérification et m'élance entre les masses vertes et
jaunes des taxis, rickshaws et cyclos en tous genre...
Juste devant moi la gare se dresse, je monte vers les
quais, trouve mon chemin, et me retrouve sur le quai
numero 12, bon, si il y a une chose qu'on a pu
apprendre, mon sac et moi depuis qu'on est en voyage,
c'est à rester zen, et là il va me falloir une dose de
zen proportionnelle à la foule qui se presse sur le
quai,
ENOOOOOOOOOORME
des porteurs partout portant pourtant des paquets par
milliers... poil au nez, et à l'entrée du train en
gare, tout ce beau monde se précipite pour être le
premier à prendre d'abordage le train.
Mais dis moi: c'est le souk, le bordel, le capharnaüm,
le bazar indescriptible!! alors pour y faire face ,
qu'est ce qu'il faut??? hein? keskifo?
des policiers!
avec des gros fusils et des grands
batons bien durs, et des moustaches bien menacantes
(petit apparté, mais je sais que tu commences à y
prendre gout, les flics touchent un petit plus
d'argent lorsqu'ils ont une moustache, ça renforce
l'autorité parait-il, c'est vrai que indira gandhi
avait de superbes bacchantes), et lorsque cette foule
devient trop incontrolable, les coups de batons
pleuvent, alors moi, et bien, je sais pas trop où me
mettre, mais un porteur me fait le signe d'attendre;
puis une fois les coups de batons passés, s'empare de
mon sac et me crie de le suivre, il se précipite alors
au travers de la foule en hurlant et en frappant à
droite et à gauche (surtout a droite d'ailleurs, pour
mon plus grand plaisir), et moi je suis en nageant au
milieu de tous ces gens jusqu'a mon "compartiment".
200 ROUPIES!!!!
et oui, mon ami, il ne t'a pas demandé ton avis,
d'autorité il s'est emparé de ton sac, et bon, tu le
paies 100 roupies en maugréant, mais quand même bien
content d'etre installé...
Avec moi , il y a un indien, un nepalais (tres beau
comme son nom l'indique), et 4 ou 5 bonzes sri lankais
venus en pélerinage sur le lieu de naissance de
buddha.
L'ambiance est détendue et agréable, on parle de nos
différents pays, de nos métiers, de nos familles, de
nos religions, et patati et patata.
FRONTIERE
Après avoir fait quelques voitures en kilometres
(houla je fatigue moi), me voilà au poste de douane,
visa, dollars, photo, tampon, passeport, " welcomme in
nepal sir!".
Mon ami du train me fourre dans un bus direction
pokhara, la route est longue , les paysages fabuleux,
plaine , puis collines, montagnes et cultures en
terrasse, mais déjà le ciel s'obscurcit, et le
chauffeur décide de continuer encore quelques heures.
Oui mais on est en montagne, oui, mais le camion n'est
pas neuf neuf, oui, mais je trouve que tu vas un peu
vite sur ces routes en lacets, oui, mais tu es mon ami
copain chauffeur, c'est toi qui tiens le volant, et je
ne voudrais pas t'agacer, en fait je ne veux pas que
tes yeux quittent la route, alors je garde mes bêtes
considérations occidentales pour moi et je me rendors.
Le lendemain, après une nuit passée dans un lodge, je
retrouve un bus différent, et une place différente, à
coté du chauffeur, sur la grosse bosse qui sert de
capot pour le moteur, donc me voilà dos à la route,
les mains pousant le plafond de la cabine pour me
tenir lors des grands coup de frein ou des virages en
épingle... c'est pas très confortable mais au moins
j'ai les fesses au chaud.
Bof il reste plus que six
heures de bus et 250 cheks points de l'armée ou de la
police...
Je m'arrête un peu et la suite au prochain episode
...
15 novembre 2006
D'abord
Il va te falloir faire preuve de beaucoup d'indulgence
en lisant ces nombreuses lignes que je m'apprête à
lancer sur la toile, le temps a passé plus vite que je
ne le pensais, et le message que tu vas lire va peut
être parfois te sembler quelque peu embrouillé.
Mais je compte sur toi pour dénouer l'écheveau de mes
pensées, et en faire un tout cohérent et je l'espère
plus digeste.
Où étions nous la dernière fois?
Thailande, voilà ca y est, j'ai le début... quelques
secondes encore, ca y est, je peux commencer...
Ca y est, mon avion s'envole, tu es assis bien
tranquillement à mes cotés, dans cet appareil de la Bangladesh Airlines, son aspect extèrieur ne
t'inspire pas confiance? ne t'inquiète pas, l'intérieur
est encore pire, mais vu le prix du billet à quoi
t'attendais tu?
En regardant autour de nous on peut
voir que l'avion est presque uniquement rempli de
travailleurs indiens et bengladis rentrant au bercail,
on voit des siks à la longue barbe soigneusement
taillée, des musulmans dans leurs vêtements
étincellants de blancheurs, et perdus au milieu de
tout ça, 5 touristes qui se sentent dejà ailleurs.
Mais après avoir survolé l'océan, il faut d'abord se
poser à Dakha, et y passer la nuit: bienvenue dans
l'aéroport international d'un des pays les plus
pauvres du monde, les chaises défoncées, les bureaux
des employés qui trainent dans les couloirs, les
tableaux d'affichage des quelques vols en partance
que l'on doit dénicher dans les sinistres halls
éclairés au néon.
Où suis je?
Après avoir fait la queue dans la cohue pour récupérer
un badge qui va me permettre de passer la nuit à
l'hôtel, me voici dehors dans le brouillard nocturne,
entouré d'une demi-douzaine de militaires en arme taxant des clopes à tous les
touristes qui passent, mais comme on est que 5, le
compte est vite fait et l'atmosphère devient quelque peu
oppressante... après 3|4 d'heure d'attente, notre
taxi arrive pour nous conduire vers notre hôtel.
Une
bonne nuit de sommeil et c'est reparti en sens inverse
à travers les avenues lépreuses de Dakha...
Où vais-je?
"La température au sol est de 28 degrés, la visibilité
est bonne, il est 11h45 du matin, nous espérons que
vous avez passé un agréable vol en notre compagnie et
espérons vous revoir sur nos lignes" (compte la
dessus!!!)
Après quelques rebonds sur la piste,
l'avion se pose sur le sol sacré, ca y est j'y suis,
INDE.
Et ensuite?
ensuite je prends le taxi pour main bazzar, la rue des
guesthouses, avec 3 autres touristes pour partager les
frais de taxi. Je sors ma tête du taxi, et là, tu
vois? tu sens? oui, tout autour de toi, tous ces gens,
tous ces animaux, toutes ces motos, ces odeurs et ces
marchands?
Tu entends ce bruit, ce capharnaum? même
pas besoin de tendre l'oreille, ni de s'écarquiller
les yeux, non tout s'impose à toi dès les premières
minutes, cette étrange chorégraphie de la vie
indienne, ce tout concentré en quelques mètres et qui
déja permet de te faire une idée...
Je te passerai les détails de mes expèriences
culinaires, je suis vite parti a la découverte de
Delhi, en rickshaw évidement, après avoir discuté,
rebroussé chemin, m'être fait rappeller par le
chauffeur.
Ensuite c'est parti... et que ça glisse, et
que ça se faufile et que ça claxonne, et que moi je
regarde partout, toujours et encore.
Je me fais déposer sur une grande avenue pour faire
mon petit bonhomme de chemin jusqu'à un musée qui
m'avait l'air très bien, je demande mon chemin à un
rickshaw, qui m'annonce très sérieux que le musée est
fermé du fait de la visite du premier ministre
pakistanais, bof, c'est pas grave, allons y quand
même, et c'est vrai qu'en arrivant les portes du musée
étaient ...
GRANDES OUVERTES
Sésame ouvre moi, ouvre toi, ouvre nous sur les
splendeurs artistiques de ce pays, et vite vite
passons à la suite, partons voir ce temple de toutes
les religions un peu en dehors de la vieille ville...
qu'est ce que je vois à l'horizon??? mais oui, tiens
je te passe mes lunettes de myope, c'est un lotus
géant!! et quoi? on peut y rentrer?
Mais oui: c'est un lieu de méditation pour toutes les religions du monde,
on y croise des indhous, des musulmans, des siks, des
chrétiens, des bouddhistes, et quelques athées ( ne me
regarde pas comme ça, ça me déconcentre) après avoir
fait la queue bien entendu, on est en inde je te le
rappelle.
Mais le temps passe et je dois aller chercher mon
billet de train à la gare de Old Delhi, trouver mon
chemin à travers la cohue pour le bureau de
réservation reservé aux étrangers, et quel bureau!!!
des bureaux croulants sous la paperasse, des
fonctionnaires indiens buvant le thé, mais je ne me
plains pas, au bout de deux petites heures, c'est mon
tour, soit une moyenne de 2 personnes par heure.
LE SOIR VENU,
je me lance dans la vie nocturne, et après avoir vu
le red fort, protégeant la ville de ses murailles
mogholes, je me dirige à petits pas vers une foire,
avec manèges et tout le toutim. Il faut passer sous
des portiques de détection de métaux, bon, le portique
est gardé par un homme en uniforme, mais malgré les
couinements répetés de l'engin, l'homme reste
tranquillement assis sur sa chaise. U
ne fois dans la place, boum!!, bang!!, ça bouge de
partout, ça va, ça viens, ça reflue et ça influe et moi
je me laisse porter, les indiens se font prendre en
photo à coté de moi, la grande roue est prise de folie,
les nacelles basculent comme des poupées
désarticulées, le bateau pirate est pris d'assaut par
des jeunes rigolards qui se pendent à la proue du
navire en perdition, les enfants et les familles font
la queue pour passer devant les miroirs déformants et
éclatent de rire en voyant leur reflet, et moi dans
tout ca, je respire, et je prends mon tour pour jouer
aux anneaux, tous les gens autour de moi me regardent
...
perdre lamentablement, mais au lieu de rire, à toi
de jouer, tiens, voila les anneaux!! tu fais moins le
seigneur là?
LE LENDEMAIN,
je prend le train pour
LE NEPAL
mais là je suis un peu fatigué alors je m'arrête
quelques instants, et j'écrirais la suite plus tard,
bises a toi
20 octobre 2006
waouuuuuuuuuuuuuuuuuu.....
Alors comme ça ça y est, tu l'as devant les yeux le chapitre que tu attendais, celui dont je t'avais revélé l'existence lors de notre dernier entretien, il est là, tout chaud tout brûlant, je peux même voir, en me penchant vers le bas, qu'il a quelque peu racorni les messages qui le precèdent, et pour ça je m'excuse. mais bon, ceci étant dit et sans vouloir m'étendre davantage au risque de te voir perdre de ton interêt, je cesse sur le champ de tergiverser pour passer directement à la suite de mon histoire...
Après quelques heures de bus a travers le nord de la thailande, je continuais ma route vers le sud, toujours plus au sud mon ami, toujours plus au sud
, et c'est ainsi qu'après une journée bien chargée j'arrivais a Chiang Mai.
Des rues, des ruelles, la rivière et des canaux, une chaleur moite et sourde, celle de l'asie du sud est, et au milieu de tout ça, des touristes: des petits, des gros, des grands , des maigres, des musclés, des en short et en chaussettes, des cheveux longs ou rasés, des touristes jeunes et des touristes vieux, des touristes partout. Et ce n'est encore rien dans la journée, car une fois disparu le soleil, une fois la nuit tombée sur Chiang Mai, les luminions s'allument et clignotent comme aux belles heures de la marine marchande
, et cette ville du nord de la thailande, sans aucun accès a la mer se transforme: Chiang Mai c'est Rotterdam et c'est Rio, c'est Hambourg et Borneo, des petits bouges luminescents, des bars, des pubs qui crachent leur musique à plein volume dans une cacophonie éblouissante, inondant les trottoirs de leurs lumières artificielles et de leurs joies qui le sont tout autant. J'ai vite pris le bus pour bangkok...
Arrivée au petit matin, dans le ghetto des fa rangs, des longs nez, des blancs, assis sur des nattes sur le trottoir, ils boivent leurs dernières bières avant d'aller se coucher, mais comme partout, une fois de plus, une fois sorti des rues comme kao san road
qui regroupe tous les lieux de fête pour les touristes, on se retrouve dans la vie de bangkok, les tuks tuks qui grouillent comme partout en asie
, les ruelles et les restaurants
où les blattes courent entre les tables,les gens souriants et l'odeur de la pollution qui parfois semble presque suffocante, les marchands qui recouvrent les trottoirs de leurs étals
. Et les gens bien sur , après quelques jours passés a bangkok, j'ai pu enfin m'approcher de la vrai vie et me retrouver dans quelques bars undergrounds indique sur aucun guide (de toute façon, j'en ai pas, comme en chine), sans même une simple enseigne, et où l'on entre en tapant a la porte qui s'entrouvre pour vous laisser rentrer.
Un thai recouvert de tatouages aux platines était en train de mixer du ragga, c'est là que j'ai rencontré Poui, Narin, et d'autres encore, et avec lesquels on a parlé de tout et de rien, que l'on a refait le monde comme on le refait dans tous les bars du monde.
C'est en revenant d'une de ces escapades tardive qu'ils me sont tombés dessus: deux flics à moto qui ont commencé a fouiller mes poches, mon sac à dos, mais la personne qui m'accompagnait et qui connaissait leurs méthodes m'a conseillé de faire la fouille à leur place, j'ai donc repris mon sac et je l'ai vidé entièrement ainsi que mes poches, les mecs ont été un peu déçus, mais m'ont laissé repartir, ils auraient sûrement bien aimé mettre un petit cadeau dans mon sac, histoire de récupérer un peu d'argent, chantage policier en quelque sorte, mais je suis parti me coucher.
Et là mon lecteur, j'attends mon avion pour delhi, je pars le 14, je passe la nuit au bengladesh et j'arrive le 15, ça va faire bizarre de reprendre l'avion après tant de kilomètres passés sur la terre ferme, ou sur les cours d'eau, sans décalage horaire, en prenant tout mon temps, en voyant les paysages défiler sous mes yeux et ça mon ami... c'est le plus précieux des luxes.
21 juin 2006
Je sais, je sais (partie 4 :27 septembre 2004)
Je sais déjà ce que tu vas dire, il exagère tant de
temps sans donner de nouvelles, attends deux minutes
que je t'expliques et tu me comprendras alors, ho oui,
tu me comprendras.
Alors voila, je suis en chine, et en chine, la plus
belle démocratie du monde... l'accès a internet n'est
pas toujours facile, il me faut parfois une heure
entière pour seulement lire un mail, alors les écrire
c'est déjà une autre paire de manche surtout dans les
endroits un peu reculés, voila pourquoi je n'ai pas donne de nouvelles dans les derniers jours, poil au
four.
Ça y est une fois expliquées les raisons de mon pesant
silence, je peux maintenant passer a ce que tu
attends, un compte rendu léger et plein d'entrain de
mes dernières expériences chinoises, c'est bon, tu es
prêt? bien installé dans ton fauteuil face a ton
écran? alors c'est parti, prend moi la main, je
t'emmène faire un tour...
Je suis dans la province du yunan, où j'ai parcouru
quelques milliers de kilomètres, par monts et par
vaux, surtout par vaux d'ailleurs, avec quelques monts
pour saupoudrer le tout. J'ai commencé par li jiang, une charmante ville
chinoise, superbement préservée, ce qui change quand
même pas mal des autres villes , où l'on rase
a tout va les vieux quartiers, même à pékin ils
disparaissent comme peau de chagrin { et ça m'en
cause}, bref, belle ville chinoise signifie forcement
invasion de touristes chinois: ils arrivent le matin
vers 8 heures, et envahissent la ville comme des
mouches sur un quartier de viande fraîche, c'est bien
simple on croirait le mont saint Michel aux heures de pointes, mais, et oui, mon lecteur mon ami, mon poto,
maintenant tu es habitué a mes procédés, il ya un
mais, en s'éloignant un peu du centre, la vraie vie
reprend ses droits; la ville est certes moins propre,
mais au moins là, les gens vivent; dans les ruelles
sans circulation automobile
{ et ça c'est un luxe, oh
oui, c'en est un}, les enfants et les vieilles femmes
naxi ( recherche google:naxi yunan, a toi de bosser un
peu} vaguent a leurs occupations
, qui la lessive dans
la rivière traversant la ville, qui la sieste sur le
pas de sa porte.
Je me suis promené des heures dans ces ruelles,
bordées de maisons en pierre et torchis, aux toits si
fameux, plein d'ornementations et délicieusement
pointus, des arbres poussant ça et là souvent en
bordure de la rivière, sur les ponts minuscules
.
Mais un matin j'ai voulu voir la ville d'une manière
différente, alors j'ai attendu que la lune finisse
juste de chanter sa mélodie
et j'ai sorti doucement
mon nez par la porte avant d'enjamber le seuil et de
partir dans le petit matin bleuté de froid. Juste entre loup et chien
, j'ai promené ma carcasse au
gré de mes envies, tous les gens partaient au travail,
des cuistots de rue s'étaient installé un peu
partout
, proposant des petits dej à la mode chinoise,
pâtés impériaux, raviolis, saucisses enroulées dans des
sortes de crêpes pimentés, les enfants couraient pour
rejoindre leur école, petit foulard rouge autour du
cou, le marchand de charbon, solidement planté sur son
tricycle, faisait sa tournée, arrachant à chaque coup
de pédale sa noire cargaison { et oui, quel style! ;)
)
.
Mais enfin, je sais ce que tu te dis, ville, ville,
ville, et le reste? comme tu es impatient, comme tu
réclames tout tout de suite, il faut prendre le temps
voyons, rester zen, j'y arrive au reste, regarde le
temps que tu me fais perdre avec tes interruptions...
Il était temps pour moi d'émigrer, de changer d'air, la
nature, les grands espaces mongols et le
vent frais de la steppe me manquaient. Alors je suis parti dans les gorges du tigre
bondissant, tout un programme, et pour des gorges,
j'avoue que j'ai été servi, plus de trois milles
mètres du sommet de la montagne jusqu'à la rivière en
contrebas, presque a pic, je n'ai pas pris de photos,
je te laisse imaginer ce que ça fait
.
Trois
petits jours de marches pour aller d'un bout a
l'autre, en longeant le versant le moins abrupt, à
travers sentes, chemins et cascades bondissantes, au
milieu des plants de cannabis géants. Le soleil avait
décidé de me suivre sur ce coup là, mais le dernier
jour il a eu un petit coup de calgon et il m'a balancé
quelques orages sur la tête ( rassures toi, je ne lui
en ai pas voulu et on est reste potes), ce qui m'a
valu un joli gadin qui m'a bien abîmé le genou et mon
pantalon, mais j'ai réparé les deux avec pansement et
fil de couture, dans cet ordre.
Ensuite je suis parti dans une autre petite ville
bordant un lac, la charmante ville de Dali ( yé suis
fou des chocolats lanvins!!!), et là encore ballade a
travers champs en plein dans la période où ils font la
récolte du riz
, je ne m'y habituerais jamais, ça me
fait toujours le même effet, je reste a regarder sans
me lasser les différentes étapes de la récolte, du
fauchage à la mise en botte
, du battage au tamisage,
moi je sais pas, mais j'adore.
J'ai aussi fait du vélo a travers les villages,
rencontré plein de gens: des chinois, des étrangers,
des jeunes, des vieux, des tas de choses encore, mais
là je dois te le dire, je commence a fatiguer, il est
22.19, je pars demain pour un voyage en train de 21
heures vers le sud est du pays, alors il faut que je
m'économise après les 7 heures d'hier en troisième
classe.
je t'embrasse fort et espère avoir vite de tes
nouvelles...
18 juin 2006
C'est toi (partie 3 : 10 septembre 2004)
Combien de temps tu dis? une semaine? Non, plus? dix
jours en fait, pourquoi tant de temps? bah, tu sais
les raisons sont multiples et variées et je n'ai pas
envie de faire un inventaire a la Prevert, je t'en
dirais quelques unes et pour le reste, je laisserais
faire ton imagination galopante, flageolante ou
désolante...
Il y a d'abord les u tongs, les petites
ruelles entortillées comme du lierre dans le coeur de
pékin
, c'est là que tu pourras trouver les petites
échoppes chargées d'effluves odorantes, c'est là que
tu t'arrêteras pour déguster un plat d'aubergines
frites relevé de légumes et d'épices dont le nom seul évoque le voyage, tu t'assois confortablement sur une
petite chaise et tu laisses passer devant toi le
spectacle sans cesse renouvellé de la rue qui
s'agite
, il ya les pousses-pousses, les vendeurs
ambulants portant dans leurs palanquins les légumes et
les fruits venus de la campagne environnante, il y a
les calligraphes tenant leur pinceaux à la verticale,
et en assistant a ça, tu n'assistes pas seulement a une
séance d'écriture, tu assistes à quelque chose de plus
grand que ça, c'est la magie des signes qui opère, la
magie du pinceau qui trace sa route au travers des
méandres des pictogrammes, et puis il y a les
marchands de thé, les enfants qui courent comme
partout dans le monde, les vieux qui jouent a des jeux
incompréhensible même après deux heures passées à
leurs cotés, et il y a aussi, ne l'oublie pas mon ami,
mon lecteur, mon poto, il ya aussi les toilettes
publiques qui à elles seulent créent une sorte de
micro climat organique, chaud et puant, une atmosphère
lourde et perceptible a plus de 100m...
Mais, car il y a un mais, comme tu t'en doutes, pékin,
ce n'est pas seulement ça, c'est aussi les parcs,
gigantesques, gargantuesques, impériaux, avec leurs
longues allées ombragées par des plantes ,des arbres,
qui semblent être des oeuvres d'art, comme trop
parfaites dans leur harmonie; au milieu de ces parcs,
si tu prends le temps de t'égarer, de te perdre le
long des allées et des temples, tu pourras t'asseoir
pour observer deux vieilles personnes, presque des
siècles, se livrer à l'art du ralenti, à l'art du tai
chi au petit matin, les mouvements sont souples et
semblent tout droit sortis de la matrice. puis
soudainement en continuant tes pérégrinations tu
tomberas sur un joueur de flûte chinoise, accompagnant
un violoniste
, et plus loin encore comme un point
d'orgue, abrité par une galerie en bois, apparait une
chorale, soixante dix personnes chantant ensemble, et
c'est beau, et c'est fort, et ça te cloue le coeur sur
place,
alors tu t'assois, tu fermes les yeux et tu
écoutes, et si l'envie te prend de les ouvrir c'est
pour tomber sur le sourire de quelqu'un que tu
regardes, alors tu te leves et tu retournes dans les u
tongs ...
et enfin pékin, ce sont les soldats immobiles pendant
des heures, la cérémonie du drapeau et la cité
interdite, le temple du ciel, la pagode blanche et les
quartiers d'affaires rutilants de lumières qui
t'exposent a la figure, c'est le marché de nuit qui
te propose tout a manger
: serpents, scorpions,
pieuvres et cocon de vers a soie, grenouilles et plus
encore.
et enfin pour terminer , il y a
LA GRANDE
MMMMMMMMMMMMMMUUUUUUUUUUUUUUUUURRRRRRRRRRRRRRRAAAAAAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE
vide de touristes ou presque, une longue chaîne ocre ,
hérissée de tours et qui suit son chemin le long des
crêtes, s'étendant a l'horizon et au delà, 10000 li,
5000 km d'un bout a l'autre, un endroit merveilleux
et incroyable, des portions complètes écroulées, qu'il
faut parfois franchir d'un coup de pied... et des
paysages à couper le souffle.

Et maintenant mon ami, mon lecteur , mon poto, me
voici a cheng du, 11 millions d'habitants, une étape courte avant de rejoindre la province du yunan, me
perdre dans les campagnes, dans les montagnes et peut
être atteindre la voie du zen.
Il fallait en effet que je
change mes plans, le nepal traversant une crise sans
précédents, après le blocus de la ville de katmandu et
la promesse des maoïstes de remettre ça dans un mois si
leurs exigences n'étaient pas satisfaites, il ya eu
les douze nepalais tués en Irak , s'en est suivi une
émeute, puis un couvre feu de l'armée, je me dirige
donc vers la frontière laotienne, avant d'aller en
thailande pour prendre un avion pour l'inde, voila,
mon ami les dernières nouvelles que t'apporte le vent
de la technologie, en attendant de tes nouvelles, je
pense fort a toi, porte toi bien
ivan
16 juin 2006
arrivée sur Pekin
pékin, pékin, pékin est plein de pékinois et de
pékinoises... j'ai quand même un peu galéré avant
d'arriver là, voila, je t'explique, mon ami, mon
lecteur, mon poto: je me suis retrouvé une fois de
plus dans le train, mais cette fois uniquement pour 16
heures, à travers le désert de gobie, et en effet c'est
désert mais la lumière était étourdissante, le ciel
était orangé puis pourpre , les ombres
prenaient presque une forme palpable, et par dessus tout
il y avait la lune au dessus de tout ça, qui
ruisselait de lumière.
D'ailleurs pour parler de ciel, je crois que je n'en
ai jamais vu d'aussi beau qu'en mongolie, pas de
hautes montagnes, la plaine, la lune s'était absenté
ces jours la, et il ne restait au-dessus de ma pauvre
tête d'humain, que des milliards d'étoiles, le plus
bel hôtel du monde, palace aux milliards d'étoiles,
même pas référencé dans les guides...
bref je m'égare , je tergiverse, j'en étais où?
Ha oui, j'arrive a Erlian, première ville chinoise
dans le désert de gobie, un peu moins western qu'en
mongolie (pas de cavaliers dans les rues, pas de
maisons en bois a gros rondins, mais des immeubles
flambants neufs), je sors du train et un mec d'une
agence de bus me prend avec lui jusqu'au car dont
j'avais acheté le ticket a ulaan bator: je m'installe,
mais là le chauffeur me redemande de payer, je ne
veux évidement pas, finalement le mec me vire du car,
je ne parle pas le chinois, personne ne parle
anglais, je n'ai pas un seul yuan en poche, bref je me
demande un peu ce que je fais la , sous cette
température...
Finalement heureusement le mec de la
gare revient et arrange tout, thanks a lot! c'est
parti vers beijing (pékin), arrivé là bas, pas de
guide, pas de yuans, on est dimanche, plein de banques
fermées, mais heureusement un mongol avec lequel
j'avais sympathisé, me dit d'attendre avec lui et sa
petite famille, j'attends donc et voila une super audi
dernier modèle qui débarque, air climatise et tout
ça. Cette charmante famille me débarque sur la place
tien an men
, direction ma guesthouse en rick shaw
a dix minutes de
la, et bon, bref, me voici a pékin, cite interdite
cérémonie du drapeau, plein de petiotes ruelles qui
tendent a disparaître avec la modernisation a tout
crin et les jeux olympiques qui approchent, mais c'est une ville vraiment fascinante, énorme, qui grouille
d'activité, on vend de tout , partout tout le temps,
des supermarchés du portable, du médicament, et à coté
de ça, des toutes petites échoppes, des vendeurs a la
sauvette, et des effluves de cuisine qui s'échappent
de partout, des vélos, mais beaucoup de voitures quand
même... ce serait ça le communisme? les drapeaux rouges
qui flottent?

Ce matin, après une bonne nuit réparatrice, je suis
allé dans la cite interdite, d'un palais a l'autre, du
pavillon de la paix, a celui de l'harmonie, c'est
incroyable! les dimensions, le luxe, la beauté, que
du bon
... bon, j'arrête, ha non, en arrivant sur pékin ,
j'ai pu apercevoir la grande muraille de chine sur
une montagne, le trip!!! Je me la réserve pour plus
tard, je vais y aller avec un couple de français pour
aller fêter ses trente ans avec une petite bouteille de vin français, hummmmm, y va y avoir bon
dans le bedon!
sinon, je souhaite plein de courage a tous ceux qui
vont reprendre bientôt la rentrée tout ça,
La cité interdite blog
envoyé par ilaihou
15 juin 2006
Bienvenue dans ma fusée
En fait pour tout vous dire j'ai d'abord vu ces steppes qui se suivent, des chaînes de montagnes qui
entourent des hauts plateaux baignés de cette lumière
rasante et quasiment hivernale
, de loin en loin comme
des apparitions , on peut voir des fumerolles
s'échapper de drôles de petites maisons rondes, les
gers
, et tout autour des milliers de chevaux, de
moutons, de vaches, de yaks, de chameaux, et tout ce
beau monde se ballade tranquillement en liberté
. Sur ces plaines verdoyantes se projette l'ombre des
nuages, qui semblent glisser doucement sur l'herbe,
comme un peuple nomade.
c'est vrai que les routes sont dans un état
lamentable, enfin, les routes, les pistes de sable, de
boue, sont remplies d'ornières, de creux, de bosses, de
rivières a passer, mais en contrepartie quel accueil!
les gens sont d'une gentillesse rare, on les voit se
dépêcher de venir nous accueillir, le plus souvent ce
n'est au départ qu'un nuage de poussière , puis on
voit apparaître un cavalier
qui nous fait un grand
sourire et nous fais signe d'entrer dans sa ger, on
passe le seuil et la on se retrouve a une autre
époque, dans cette maison ronde trône en son centre le
poêle a bois et en face de l'entrée, l'autel sur
lequel sont posées les photos de la famille et les
portraits de buddha, on s'assoie alors et rapidement
notre hôte nous offre une tasse de thé au lait de yak
salé, c'est surprenant mais pas mauvais, puis si la
soirée se continue, du mouton avec des pâtes faites
sous nos yeux, et enfin, on peut commencer a chanter
autour d'un bol d'alcool de lait. Le lendemain matin c'est un petit plat de marmotte au
réveil, et c'est délicieux.
je me suis évidement fait plaisir en montant a
cheval, mes fesses peuvent en témoigner, et bon, je me
suis aussi lamentablement ramasse par terre, mon
cheval n'appréciant pas trop mes manières.
Bref, je me souviens de mon arrivée ici par le train,
et la vision de mes premières gers m'avait fait une
grosse impression, alors je te le dis, la première
impression est la bonne.
et la mon ami(e), je suis de retour a ulan batoor,
donc douche chaude, internet et réservation de train,
très agitée la gare, tout le monde veut un billet pour
pékin, ça se bouscule ça s'énerve, et la sécurité
intervient a coup de bâtons électriques, sympa, bon, la
j'ai un billet pour une ville frontalière et je vais
essayer de chopper un bus pour aller sur pékin, ça va
faire de la route mais bon, comme on dit ici yori,
yoro, bref, allons y, et si vous êtes toujours
partant on fera toi et moi un bon bout de route
ensemble sur les routes tranquilles et agitées de
notre bonne vieille terre...
paré au décollage?





